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| Les
influences de la série |
Lain
n'aurait certainement jamais vu le jour sans un bon nombre
de dessins animés tels que Ghost in the Shell ou
Evangelion. En fait, on peut carrément dire que Lain
n'est qu'un remake de Key, The metal idol dont l'histoire
(un être artificiel veut devenir réel par le
partage de l'amour des autres) est très proche de
notre série. Le concept est une chose, la réalisation
en est une autre. Pionneer réalise un véritable
coup de maître avec Lain où le moindre détail
scénaristique ou esthétique a été
pensé et où les dernières avancées
de l'imagerie numérique ont été utilisées
avec brio. Pour une fois, Pionneer tente l'inédit
et ose parler de thèmes difficiles à montrer
à la télé nipponne comme la drogue,
montre le dangereux mélange de la réalité
et du virtuel. Cette œuvre, majoritairement destinée
à un public adulte, contient des scènes qui
mettent vraiment mal à l'aise et qui rapprochent
parfois Lain d'un véritable thriller cinématographique.
Certaines
personnes (beaucoup en fait) rapprochent Lain de Rei Ayanami.
C'est vrai qu'il est difficile de ne pas faire un rapprochement
entre ces deux personnages emblématiques de l'animation
nipponne: elles ne s'intéressent toutes deux qu'à
peu de choses, parlent rarement, etc. Mais elles ont une
différence fondamentale. Dès le départ,
Rei sait qui elle est : un clone ; elle n'a aucune existence
sociale et la seule chose qu'elle découvre au fur
et à mesure de ses contacts avec autrui sont ses
sentiments. Au contraire, Lain, elle, ne sait pas qui elle
est au départ, et ne se pose même pas la question
; c'est un enchaînement d'événements
qui va la pousser à sortir du cocon familial. Autre
point fort qui les différencie, c'est que dans Lain,
nous sommes constamment dans la tête de celle-ci et
voyons le monde comme elle le voit. Dans Evangelion, nous
ne voyons que très rarement le monde tel que Rei
le conçoit.
| Symboles
et clins d'oeils |
Il
y a, dans Lain, bon nombre de symboles et de clins d'œils
connus des auteurs seuls. Ainsi, le nom de la discothèque
"Cybéria" est un hommage à D. Rashkoff,
père de la cyber-culture américaine ; le nom
du professeur responsable de l'expérience Kensington
(épisode 6) sur la Télékinésie,
W.H. Hogson, est en fait une contraction de L. Hodges, célèbre
neurologue anglais, prix Nobel de médecine et de
Dogson, vrai nom de L. Carrol , auteur de "Alice au
pays des merveilles". Cette Alice rappelle d'ailleurs
beaucoup l'Alice de la série ...
Il y a toutefois des symboliques plus évidentes,
telle l'insistance des auteurs sur les éléments
du corps humain nécessaires à la communication
dans le monde réel (bouches, oreilles, yeux).
Comme
l'indique le slogan : "present day, present time",
Lain se déroule ce jour-ci, au moment présent.
En ce sens, SEA est vraiment une étude sur les rapports
hommes/technologie et nous propose un constat de ce qu'elle
nous offrira dans quelques temps. Et d'ailleurs, les nouveaux
téléphone/pc/fax qui tiennent dans la poche
font prendre un coup de vieux aux navis de Lain...
Aujourd'hui, les enfants n'usent de l'informatique que comme
d'un jouet supplémentaire et vivent parfois leur
enfance avec une impression de prématurité
; tel Taro, membre des Knight, eux-même caricature
d'une course sans but vers le progrès.
Ainsi, Lain prend ses racines dans notre réalité,
comme preuve évidente, on peut voir avec quel soin
les recherches sur l'affaire Roswell ont été faites (épisode
9) ; de plus, toutes les expériences et théories
scientifiques qui nous sont présentées tiennent
toujours leurs racines dans des faits réels, telle
la fameuse résonance de Shuman grâce à
laquelle nous pourrons, en ajustant les impulsions émises
par notre cerveau, communiquer et transmettre des informations
sans aucun moyen technique ; à partir de là,
il est facile de voir ce que sont les possibilités
: presque illimitées, de plus la Terre deviendrait
un gigantesque réseau télépathique
semblable au cerveau humain, les hommes remplaçant les neurones
(d'ailleurs, comme on le précise dans un des épisodes,
le nombre d'Hommes et de neurones du cerveau seront bientôt
égaux). Néanmoins, le projet Kensington, lui,
est (heureusement) totalement imaginaire mais ressemble
fortement au projet Akira.
Masami
Eiri s'est proclamé Dieu ; il est convaincu que l'évolution
de l'homme est arrivée à son terme, qu'aujourd'hui,
pour vivre, il ne peut se passer de la technologie. Pour
sortir de là, il propose d'abandonner notre corps
matériel et de n'exister qu'uniquement sous la forme
d'informations pures, remaniables à volonté.
Ce personnage rappelle le Puppet Master de "Ghost in
the shell" qui montre que l'esprit de l'homme devrait
entrer en symbiose totale avec l'informatique.
Comme
on le voit dans la série, il y a 3 Lain (mises au
point par Takashiro Kishida, character design) ; la première
est celle du monde réel, calme, timide. La seconde
est celle du Wired, plutôt précoce, parfois
agressive. La dernière représente la face
sadique et basse. A la fin de la série, on voit une
quatrième Lain faisant le bilan de la vie de l'héroïne.
Mais d'où vient-t-elle ?
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| Une
conclusion qui n'en est pas une ... |
Si
nous disparaissons de la mémoire des hommes, c'est
là que nous mourrons vraiment ; chacun d'entre nous
existe sous une forme différente dans le cœur de
chaque individu que nous croisons dans la vie. Lain n'existe
vraiment que dans le cœur d'Alice, seule véritable
amie ; c'est pour cela qu'elle va sauvegarder, à
plusieurs reprises, la mémoire de cette dernière
: pour garder un témoin de son existence. Mais celle-ci
ne le saura jamais, sombrant dans la folie, Lain l'ayant
poussée dans les limites d'une réalité
que personne ne sera près à voir un jour.
Ayant éliminé toutes les possibilités,
Lain décide alors de s'effacer du Real World, sachant
qu'elle sera de nouveau seule. Seule dans le Wired, mais
peut-être pas seule à savoir qu'elle existe
puisqu'elle évoque lors de sa dernière confrontation
avec Eiri, la possible existence d'un dieu qui aurait donné
l'impulsion de créer celui-ci (nda: merci animeland).
Ce pouvoir de tous les personnages de la série en
quête d'une évolution ultime (tels les Knight),
seule Lain y aura finalement droit, la seule qui n'avait
rien demandé !
" Si personne ne se souvient de ce qui s'est passé,
alors cela ne s'est jamais passé ": maxime du
monde de Lain. En ce sens, SEA n'est peut-être qu'un
hymne à gagner l'amour d'autrui et de partager toutes
nos joies et nos peines.
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